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# Posted on Saturday, 03 October 2009 at 6:08 PM

Coucou tout le monde !

Coucou tout le monde !
Voilà, nouvelle fiction. Ou non je devrais plutot dire suite d'une fiction. En effet, cette fiction est la suite de ma 1ere fiction :
Pourquoi changer de fic alors que c'est la même histoire, et surtout la suite?
Tout simplement parce que j'en avais marre de l'autre. Je trouvais qu'il commençait à y avoir trop de chapitres, la configuration des textes ne me plaisait plus. J'avais envie de neuf.
Et puis les premiers chapitres ne me correspondaient plus. Je trouve que je me suis améliorée en écriture, et j'ai vraiment honte des premiers...c'est sans invention. Pas du tout très recherché. Donc voilà =)
Je m'excuse, celles qui n'ont pas lu la premiere auront du mal à suivre et à comprendre celle là mais je n'ai vraiment pas envie de faire de résumé. Lol. Mais bon, vous verrez ce n'est pas si compliqué de çà comme histoire. Et puis comme l'indique le nom, c'est une nouvelle vie en quelques sortes pour tous les personnages donc plus beaucoup de connotation avec ce qu'il s'est passé dans l'autre.
Voilà voilà j'espere que mes histoires vous plairons.
Je ne rappelle pas les personnages, leur présentation est sur er-und-ich-fic en toute premiere page.

Voilà, bonne lecture à toutes et à tous!

# Posted on Friday, 05 December 2008 at 3:50 PM

Edited on Sunday, 27 September 2009 at 1:10 PM

2 EME TOME : Prologue

Georg

L'ambiance tendue de la pièce était palpable. Nous venions de faire une série de concerts dans divers pays d'Europe. Tout avait super bien marché. Les shows étaient tous aussi différents les uns des autres dans chaque ville de chaque pays. Les fans étaient géniaux. Tout était nickel et tout était présent pour nous rendre heureux et comblés. Non, tout aurait du être présent pour nous rendre heureux et comblés.
Car en vérité, on ne l'était pas. Il nous manquait cette petite chose, ce petit rien qui donnait un peu de piment à notre vie. Vous voyez de quoi je veux parler. Cette chose indéfinissable qui comblait un vide. Cette chose qui aidait à nous ramener à la réalité.
Pour nous quatre, cette chose était elles.
Nos petits rayons de soleil. Nos amies. Sauf que pour deux d'entre nous elles étaient beaucoup, beaucoup plus que de simples amies et ils en payaient les conséquences aujourd'hui, maintenant qu'ils sont à des kilomètres d'elles.
Ils ne faisaient rien apparaitre devant les caméras et les appareils photos, affichant toujours ce faux sourire de tous les jours. Ce sourire qui trompait tout le monde.
Qui trompait tout le monde sauf Gustav et moi. Nous les connaissions bien.
On avait appris depuis les années à décrypter chaque part de leur visage. Les mimiques qu'ils font ne nous trompent plus à présent. On devinait clairement qu'à l'intérieur ils étaient vides. Il manquait une part d'eux qu'ils avaient laissé avec elles.
Bill, lui savait qu'il allait revoir Louise. Ils se réjouissait donc chaque jour de se rapprocher de la date de leurs retrouvailles, même s'il trouvait le temps long sans elle.
Tom, lui paraissait plus sceptique. Je n'étais pas dans sa tête et il ne s'était pas confié à moi mais je devinais un malaise en lui. Il était troublé. Il perdait pied et ça avait l'air de lui faire peur. Car jamais de sa vie il n'avait perdu pied ainsi. Il avait toujours été sur de lui, sur de sa direction. A présent, c'était bien différent. Beaucoup de choses avaient changées et ont été chamboulées dans sa vie et dans sa conception de la vie amoureuse.
Nouvel amour pour nouvelle vie. Voilà ce qui attendait nos deux jumeaux.
Pas les jumeaux seulement. Pour Louise et Charlotte aussi tout serait différent à présent. Inconsciemment, elles entraient dans un nouveau monde.

# Posted on Friday, 05 December 2008 at 5:28 PM

Chapitre 1 : Les sentiments, chose difficile à déchiffrer

Chapitre 1 : Les sentiments, chose difficile à déchiffrer
Bill

Vendredi 10 septembre

Plus qu'un jour. Un malheureux jour. Enfin! J'allais enfin pouvoir la revoir. Déjà deux semaines et des milliers de kilomètres qui nous séparaient. On allait enfin être de nouveau ensemble, se retrouver comme au premier jour. Se retrouver pour seulement un week-end mais tant pis. Je profiterai de ce petit laps de temps à ses côtés. Je m'imprégnerai d'elle. Je humerai le parfum de ses cheveux, photographierai chacun de ses traits dans mon esprit comme si chaque instant serait le dernier ensemble. Même s'il ne serait jamais le dernier. Je ne le l'accepterai pas ni le supporterai de toute façon. On s'était juré de tout faire pour que ça marche. Et ça marcherai.
Par contre, bien évidemment David n'avait pas arrêté de me bassiner avec ses conseils et recommandations : « fais attention Bill, ça peut te retomber dessus cette relation si les fans l'apprenaient » , « les fans seraient extrêmement déçues et ça pourrait nuire à l'avenir du groupe ». Et patati patata. Sauf que tout çà je le sais pertinemment. Et je ferais çà discrètement. Non pour le groupe, mais pour elle. Pour sa sécurité. Car depuis le temps qu'on est célèbres, je connais les réaction des fans. Ou plus exactement des groupies. Elles seraient capables de lui faire du mal. La protéger est la préserver de tout ce tintouin sont mes principaux objectifs.
Une sonnerie stridente me réveilla de mon état comateux d'endormi.
- Oui, allô?
- Coucou mon chéri murmura une voix féminine
- Ah. Mon amour! Comment tu vas?
- Bien. Très bien même. Je ne dérange pas?
- Jamais répondis-je gaiement
- Ok. Dis moi, demain tu viens seul? Je veux dire tu ne seras pas accompagné de ton frérot ?
- Non. Tom ne se décide toujours pas à venir. Toujours sa période « méditation ». Ca devient pénible et long surtout.
- Oui, surtout pour Charlotte. Plus les jours passent, plus elle me fait peur. Elle se fane comme un fleur qu'on a oublié d'arroser. Ca m'inquiète vraiment.
- Je sais. Je le lui ai dit mais il n'a rien voulu entendre. Je pense qu'il ne réalise pas à quelle point elle a besoin de lui. Je ne le reconnais plus. Il est indécis.
- Dis lui de faire vite, sinon Charlotte risque de mal tourner, encore plus qu'elle ne l'est maintenant. Honnêtement je ne savais pas qu'elle était dépendante de lui à ce point. Mais je la comprend. Si j'étais à sa place et que je n'avais pas de nouvelles de toi du tout pendant deux semaines je deviendrai barjot aussi je pense...
- Je vais réessayer de lui parler mais je ne te promets rien. Ca fait deux semaines que je n'arrête pas de lui parler, sans succès.
- Ok. Ecoute je dois te laisser, Charlotte vient de rentrer.
- A demain alors. Je t'aime fort.
- Je t'aime aussi.
Je raccrochai et allai voir Tom, cet imbécile qui faisait souffrir une fille sans même en être conscient. Je sortis de ma suite luxueuse du palace que nous occupions depuis la veille, à Berlin, et entrai dans la sienne sans même frapper. Ce que je regrettai à l'instant même où j'avais pénétré dans la pièce plongée dans la pénombre. L'après midi touchait à sa fin mais les rideaux étaient tirés, le lit défait et vide. Une multitude de vêtements gisaient sur le sol, pas tous masculins. Une bouteille de vodka vide sans bouchon était abandonnée aussi dans un coin de la chambre. En règle générale, ce tableau ne m'aurait pas choqué car c'était le quotidien de Tom. Sauf qu'à présent son quotidien avait changé. Ou du moins je l'avais pensé, avant de voir ce massacre. Je pensai qu'avec Charlotte ça avait été différent et qu'il ne lui donnait plus signe de vie uniquement car il réfléchissait. Mon ½il. Il avait juste fait comme avec toutes ces pauvres filles. Après usage, il les jetait. Et pendant qu'il s'amusait comme un petit fou, elle, elle était en train de dépérir. J'étais bien décidé à sermonner ce traitre.
Mais personne n'était dans la pièce. Pourtant, elle n'avait été quittée que quelques temps avant que je ne vienne. Les cendres dans le cendrier étaient encore chaudes, l'odeur du tabac récente. Le son de l'eau qui coule provenait de la salle de bains. Je ne dus même pas toquer pour savoir qui était dans la salle de bains. La voix se dénonça d'elle-même.
- Tom? Est-ce que tu peux me passer mes vêtements s'il te plait? Tu m'as tellement troublé que je les ai oubliés...gloussa-t-elle
Je ne sus que faire sur le moment. Partir et la laisser se débrouiller ou bien me faire passer pour Tom et les lui donner? Il suffirai juste que je passe une main de l'autre côté de la porte et les lui tendent. Quoi que, mes ongles manucurés ne seraient pas très crédibles. Tant pis. Je ramassai les vêtements, un peu gêné par les sous-vêtements très, très...raccourcis. Je toquai alors à la porte pour qu'elle déverrouille et que je puisse passer rapidement la main et filer.
- Entre, c'est ouvert chéri.
Je me pétrifiai devant la porte, ne sachant que faire. J'entre-ouvris la porte alors et lui tendis juste ses habits. Sur l'instant, elle parut surprise de s'être fait rebuter à son invitation; s'en saisit. Je ne vis pas son visage mais pu le deviner. Elle avait du avoir peur car elle émit un cri étouffé.
- Qqquuu...qquuu...quuii est là? Ce n'est pas Tttt...Tom!
- Du calme mademoiselle. Je suis Bill, le frère de Tom. Je le cherchai répondis-je calmement
Le silence se fit, puis deux minutes plus tard elle ressortit de la salle de bain habillée. C'était une petite brune, ou non plutôt châtain, entre 17 et 18 ans. Ce qui me frappa le plus c'est qu'elle ressemblait comme deux gouttes d'eau à Charlotte. On se fixa longuement. Moi c'était de la curiosité, elle de la peur.
- Ne t'en fais pas. Crois-moi, je suis Bill. Je ne te ferai aucun mal. Je veux juste voir mon frère.
- J'ignore où il est. Il n'y a même pas dix minutes il était là. Expliqua-t-elle
- D'accord merci. Je pense que je vais l'attendre ici, ce sera mieux. Si ça ne te dérange pas bien sure.
- Euh...non, non pas de souci. De toute façon je vais partir. Je sais que Tom n'aime pas voir ses conquêtes trop longtemps...ajouta-t-elle , morose.
- Je suis désolé. Mais bon il fallait t'attendre à ça avant de coucher avec lui! Déclarai-je avec agressivité. Avec un peu trop d'agressivité certes. En fait, je ne supportai pas que Tom puisse se moquer ainsi de Charlotte, et surtout ignorer ses sentiments. Je sais qu'il l'aime. Et je ferai tout pour qu'il cesse de faire l'imbécile et qu'il grandisse un peu. J'appréciais Charlotte, et ils allaient très bien ensemble. Je ne le laisserai donc pas gâcher une si belle relation qui avait commencé juste par prétexte de la distance ou tout autre raison que j'ignore.
Elle parut alors surprise par mon soudain comportement brusque. Je m'en voulu alors de m'en être pris à cette pauvre fille. Elle ne faisait pas partie de l'histoire.
- Désolé, je n'aurais pas du m'énerver ainsi. Excuse moi.
Elle se contenta de hocher la tête et rassembla ses affaires.
- Où vous êtes vous rencontré? Si ce n'est pas indiscret...
- Ici, à l'hôtel. J'ai une chambre. Je passe quelques jours de vacances.
- Tu es française non?
- Oui. Ca s'entend tant que çà? S'esclaffa-t-elle
- Pas mal, oui. Rigolai-je à mon tour. C'est juste que...tu ressembles énormément à une personne que je connais. C'est troublant.
- Charlotte, oui, je sais.
- Tu la connais? Vous êtes parentes? La questionnai-je, étonné.
- Non, non. Seulement ce matin j'ai trébuché sur le portefeuille de Tom et curieuse par nature j'ai un peu fouillé. Je suis tombé sur sa photo et au dos il était écrit en grandes lettres son prénom. Ca a du être une relation durable et non un coup d'un soir, comme moi. Elle a du compter à ses yeux.
- Et je pense que c'est toujours d'actualité. Seulement il est perdu en ce moment. A ton avis, pourquoi il t'a choisie? Tout simplement parce que tu lui ressembles et qu'il peut donc avoir une part d'elle à ses côtés à travers de toi. Et ton accent lui rappelle certainement le sien aussi. C'est la solution de facilité au lieu de regarder la vérité en face et d'admettre qu'il l'aime. Tu sais, ce n'est pas facile pour lui. Il n'est jamais réellement tombé amoureux à ce point. J'ai compris maintenant son comportement. Il « teste ». Il voit si avec les autres filles c'est différent. Et je pense qu'il a compris, ou qu'il comprendra très bientôt qu'il ne peut se passer d'elle et qu'il ne pourra pas remplacer sa présence. Même avec des filles très proches d'elle physiquement, comme toi.
- Je vois. J'ai été un cobaye en gros. Mais ça ne me gêne pas. J'espère pour lui que tout ira bien et que je l'ai « aidé » à y voir plus clair. Fit-elle remarquer d'une voix douce.
Elle prit toutes ses affaires, me fit un signe de la main et s'évapora.
Cette fille sortait vraiment du lot. Pas de blonde avec des obus en guise de seins, pas de pétasse dénuée de cerveau. Une fille simple, jolie, intelligente, avec beaucoup d'humour et très sympathique. Il cherchait vraiment à remplacer Charlotte manifestement. Toujours et encore la solution de facilité. La situation était encore plus critique que je ne l'avais cru. J'allai devoir avoir une grande et longue conversation avec mon frangin. Je me relevai du lit sur lequel je m'était assis pour bavasser avec cette jeune fille, dont j'ignore le prénom d'ailleurs et allai ouvrit les rideaux. Il ne faisait ni beau, ni moche. Ni soleil, ni pluie. Ni chaud, ni froid. Le juste milieu. Une journée banale. De gros nuages gris recouvraient le ciel qui avait du être bleu auparavant, les degré-Celsius n'excédaient pas 20. Demain serait bien plus beau. Plus lumineux, plus chaud. Dans mon c½ur en tout cas. Car elle serait mon soleil.
Un claquement de porte me fit sursauter et me sortit de mes réflexions.
- Bill?! Qu'est-ce que tu fais là? Où est Alexia?
- Partie.
- Partie? Pourquoi partie? C'est toi qui l'a fait fuir hein!? Avoue!
Je me retournai alors pour lui faire face. Il avait d'énormes poches sous les yeux.
- Non, elle est partie de son plein gré. Elle a compris que tu étais toujours amoureux, Tom. Et comme elle est intelligente, elle a aussi compris qu'elle n'était que le sosie de celle que tu désirais réellement.
- N'importe quoi!
- Si, Tom, et tu sais très bien qu'elle et moi avons raison. Il faut qu'on en parle d'ailleurs. Viens, on va en bas au bar et on parlera là bas.
Et nous nous mîmes en route. Il ne broncha pas, c'était bien la première fois que j'avais réussi à lui clouer le bec.

Lachez moi vos impressions
J'attends vos commentaires avec votre avis
Dites moi réellement ce que vous pensez, je ne serai pas vexée ;-)
Bonne semaines à tous

A la semaine prochaine !

# Posted on Sunday, 14 December 2008 at 10:05 AM

Edited on Monday, 20 July 2009 at 4:55 PM

Chapitre 2 : C'est la vie pas le paradis

Charlotte

Samedi 11 septembre


Le vide. Le néant. J'avais l'impression que toute ma vie avait déjà été tracée. Echecs en tout genre dans tout ce que j'entreprends, le néant dans ma vie professionnelle, le néant dans ma vie sentimentale, le chaos, des problèmes d'alcool, de drogue même. Et ne faire que çà : se saouler toute la journée, se doper quotidiennement comme si c'était quelque chose de tout à fait banal et rester seule tout le temps. Seule avec Louise. Mais être seule avec Louise ou être seule tout court c'est exactement la même chose. Elle devient de plus en plus rasoir à vouloir s'occuper de moi. Pourquoi ne me lâche-t-elle pas les baskets? Je sais qu'elle veux m'aider mais ça m'exaspère. Je peux de moins en moins la supporter. Pourquoi? Parce qu'elle, elle est heureuse, elle, elle n'a pas de souci avec son c½ur. Jalousie? Ouais, possible. On me dit que j'ai changé depuis que Tom est partit. Et changé en mal. Possible aussi. Mais la faute à qui? Pas à moi en tout cas. La faute à ce gros con. Ce gros con qui m'a abandonné, qui m'avait juré m'aimer et ne jamais couper les ponts car de toute façon il en serait incapable. Mais bien sure! Que des violons tout ça. A cause de lui, je sombre chaque seconde de chaque minute de chaque jour de chaque foutue semaine qui passe si longuement sans cet enfoiré. Pourquoi j'aime cet enfoiré? Parce que...je ne sais pas. Je n'ai pas d'explication rationnelle à cette question. Peut être que je suis folle. Peut être que je suis masochiste. Peut être que je suis trop conne. Peut être que...on s'en fou des raisons. Tout ce qui importe c'est que je pourris de l'intérieur. Tous mes sens qui étaient en éveil près de lui sont en train de pourrir sans sa présence. Pathétique de dépendre à ce point d'une seule personne, je sais. Mais je ne peux faire autrement. Le pire c'est que je ne peux même pas me venger de cette absence dans les bras d'autres mecs : je ne veux QUE lui. Ca aussi c'est pathétique, j'en suis consciente. Mais je vous emmerde en fait. Non mais c'est vrai, j'en ai quoi à foutre de votre avis dans le fond? J'ai besoin du jugement de personne. J'en ai suffisamment assez avec celui de Louise. Pauvre Louise, je rejette tout sur elle. Mais être méchante avec quelqu'un d'autre me fait du bien. Puisque je ne peux pas gueuler sur lui, je me défoule sur la seule personne présente. La seule personne qui a la gentillesse de s'occuper de moi et de me soutenir et qui me supporte comme ça. Même si elle m'énerve et qu'elle me rend affreusement jalouse. Je sais qu'elle aussi a eu son lot de souffrances mais c'est comme ça, je ne supporte plus de la voir heureuse. De savoir qu'elle va voir son chéri aujourd'hui et pas moi me rend folle (enfin je sais que ça ne fera pas de très grands changements vu que je le suis déjà). Louise avait tout fait depuis deux semaines pour essayer de me faciliter la vie : de me faire oublier Tom en me distrayant, d'éviter que je broie trop du noir, d'éviter que je ne boive trop mais surtout de m'empêcher de commencer à me droguer. Elle m'avait fait chier pendant tout ce temps et aujourd'hui, elle ne serait pas là. Je serais tranquille tout le week-end. Tout seule, enfin! Quel pied! Je pourrais faire tout ce que je veux, sans une sangsue collée à mon dos toute la journée. Je n'allais jamais autant jouir de la solitude que pendant ces deux jours. Peut être que si je faisais des conneries Tom viendrait me sermonner et me punir?! Ou alors il s'en fouterait royalement car il est avec une nouvelle pétasse...pour le savoir il fallait bien tenter après tout. Tout ce qu'il fallait c'était ne rien dire à Louise car elle s'empresserait de m'en empêcher.
Je la voyais dans le couloir, sac à la main, prête à partir. Attendant juste son coup de fil pour la prévenir qu'un taxi l'attendait en bas de l'immeuble. Traitresse. Elle allait me laisser tomber pour lui. Pendant qu'elle, elle allait fricoter, moi je resterai seule dans ce grand appartement vide et froid et pour seule compagnie des paquets de cigarette et une bouteille de vodka cachée en dessus du matelas de mon lit.
Moi j'étais assise, ou plus exactement affalée, dans le canapé, une clope au bec. Et toujours à la dévisager. Je restai silencieuse, regard toujours aussi noir. Croisant mon regard, elle détourna plusieurs fois la tête; visiblement mal à l'aise. Au bout de cinq minutes que je pensais des heures, le téléphone sonna. Un énorme sourire se lit sur son visage lorsqu'elle reconnu sa voix. Une minute plus tard elle raccrochai, enfilait sa veste, sac sur le dos et au moment où je pensais qu'elle allait franchir le seuil de la porte sans me dire au revoir elle se retourna vers moi.
- Charlotte, je suis vraiment navrée pour toi que Tom ne désire toujours pas te voir. J'aurais tant aimé que Bill m'appelle à l'instant pour me dire que Tom avait changé d'avis. J'y ai cru, pendant deux secondes quand Bill a prononcé son nom. Malheureusement c'était une réponse négative. Déclara-t-elle tristement
Agacée, je sortais de mes gonds.
- Pas la peine de remuer le couteau dans la plaie! Je sais que Tom ne veut pas de moi, pas la peine d'en rajouter. Vas rejoindre ton Bill chéri et fous moi la paix une fois pour toutes c'est clair? Hurlai-je tout en me dirigeant vers les fenêtres situées à l'autre bout de la pièce
- Je suis désolée pour toi...
- Casse toi !!
Puis la porte s'ouvrit et se referma. Une seconde plus tard j'étais seule.
Au même moment mon portable sonna et c'était la sonnerie des textos qui retentit. Expéditeur : Louise. J'hésitai à l'ouvrir mais finis par être raisonnable.
«  Laure passera te voir, elle est revenue en France pour voir sa famille. Je ne voulais pas que tu sois totalement seule pendant tout un week-end. Courage. Bisous, Louise. »
Je faillis claquer mon portable au sol. Non mais pour qui se prenait-elle celle là? Demander à quelqu'un de me rendre visite comme on rend visite à une folle qu'on ne doit pas laisser toute seule. Je suis assez grande pour m'occuper de moi tout de même merci bien. Et moi qui me faisait une joie de rester seule. Enfin seule. Pour le coup, c'est raté. Et cette façon qu'elle a aussi de me rappeler mon mal-être avec ce « courage ». Je ne supporte plus rien. On a trop tiré sur mes nerfs. J'implose au plus profond de mon être. Moi qui me croyais forte, invincible face à l'amour et à toutes ses déceptions. Je n'avais jamais autant ouvert mon c½ur à une personne, et je comprend pourquoi. Je m'étais interdit de souffrir pendant toutes ces années. Mais je n'avais pas réussi à dire non à Tom. C'est le seul qui a réussi à percer le secret de mon c½ur. Mais c'est aussi le seul qui l'a piétiné en même pas quelques semaines. J'avais surpris une conversation téléphonique entre Bill et Louise. Bill qui disait que Tom avait couché avec une autre fille. Qui me ressemblait beaucoup apparemment. Une certaine Alexia. Une sale Putte oui. Qui n'a aucune morale. Qui aime juste se faire baiser et partir. Alors voilà c'était définitivement fini entre nous. J'avais bien raison depuis le début. Il ne reviendrait jamais plus. Il m'avait oublié dans les bras d'une fille qui me ressemblait. Alors c'était çà? Il préférait coucher avec une fille qui me ressemblait beaucoup mais il ne voulait pas vivre une vraie histoire avec moi? Finalement, il n'a pas changé. Il est resté le même Tom Kaulitz. J'ai eu tord de penser qu'on pouvait changer les gens. Les gens ne changent pas. Leur nature profonde leur colle à la peau comme un tatouage indélébile. Les gens ne changent pas, il peuvent juste s'améliorer lorsqu'ils le désirent. Malheureusement ce n'est pas le cas de tout le monde. Ce n'est pas son cas. C'était du baratin sa prise de conscience finalement. Comment ais-je pu être bête et naïve à ce point? Comment ais-je pu souffrir autant pour lui? Comment ais-je pu verser autant de larmes pour lui?
Aujourd'hui je ne suis plus bête. Je ne suis plus naïve. Je ne verse plus de larmes. Je me suis vidée de toute mon eau pour lui mais je continue de souffrir. Autrement. Je me dégrade de l'intérieur. Je me bourrerais la gueule dès que Louise aura le dos tourné, j'irais prendre le chemin du squatte où tous les dealeurs se réunissaient pour refourguer de la drogue en faisant croire que j'allais en cours. Je ferais comme lui : je baiserais avec le premier inconnu qui passerait. Et ce serait bien. Ou je m'en convaincrait en tout cas. Ce serait le seul moyen d'oublier. Ou d'essayer d'oublier. De me changer les idées. Ou d'essayer de me changer les idées. Puisque j'étais résignée à vivre sans lui, ma vie ne serait plus une vie. Elle serait un fil qui était si soyeux à l'époque , s'effilochant à présent au fur et à mesure que le temps passe sans lui. Et tout ceci serait immoral, mal, faible, minable, débile, irréfléchi, irresponsable et tous les autres adjectifs que vous pourrez employer seraient bons. Mais c'est que qui était grisant : le danger. Le danger de perdre l'âme de sa vie dans ce gouffre infernal. De toutes façon, j'avais déjà perdu mon âme lorsqu'il était parti. En partant, il avait emporté tout ce sans quoi je ne pouvais vivre. Les éléments indispensables à ma survie. Maintenant, ça fait longtemps que j'ai cessé de vivre. Ma vie a changé. Elle a pris un nouveau tournant. C'est une nouvelle vie. Une vie que je déteste vivre mais que je me devais de vivre. Puisque je n'en avais pas le choix. Il ne m'en avais pas laissé le choix. Il m'a imposé cette vie. Mais qu'Est-ce donc d'imposer des choses à une personne? C'est d'obliger, ne pas laisser d'autres alternatives, ne pas laisser de choix. Pas d'issue possible. Juste ce chemin pré-tracé. Ce chemin plein d'embuches et si triste. Avenir qui fait peur. Pas très réjouissant. Mais il ne faut pas se voiler la face. C'est la vie pas le paradis. Car le paradis n'existe que dans ses bras. Et ses bras ne sont plus qu'un souvenir. Un passé. Un passé qui avait été joyeux mais qui à présent était douloureux à se remémorer car il faisait ressortir la perte de l'être aimé. La souffrance de l'absence, voilà ce dont je souffrais. Et ça irait de mal en pis. Je vivrais toujours, mais mal. Je serais seule, même avec des amis qui me soutiennent. Ils ne remplaceront la place unique que Tom avait dans mon c½ur. Mais non je ne me suiciderais pas. Je suis peut être une folle-masochiste-bientôt alcoolique-future droguée mais pas une dépressive. J'aime trop la vie pour ça : qu'elle soit bonne ou mauvaise je tenais à la vivre. Si je suis sur Terre c'est pour une bonne chose.
Mais je ne m'en sortirais jamais sans lui, et je ne renoncerais jamais à lui. Même s'il m'a fait beaucoup de mal, plus qu'on ne m'en avais jamais fait en 19 ans d'existence, je continuerais à l'aimer. Masochiste je vous dis. Mais tout ce dont je suis capable de chanter en ce moment, c'est une seule et unique chanson qui correspond très bien à ce que je vis.

Rette mich

Pour la première fois seul dans notre cachette
Je vois encore nos noms écrits sur le mur
Et je les efface à nouveau
Je voulais tout te confier
Pourquoi es-tu partis ?
Reviens - Emmène moi.

Viens et sauve moi- Je brule de l'intérieur
Viens et sauve moi- Je n'y arrive pas sans toi
Viens et sauve moi- Sauve moi- Sauve moi

Nos rêves étaient des mensonges et aucune larme n'était vraie
Dis que ça n'est pas vrai- Dis le moi maintenant
Peut être entendras-tu quelque part
Mon s.o.s dans la radio
M'entends-tu ? – Ne m'entends-tu pas ?

Viens et sauve moi - Je brule de l'intérieur
Viens et sauve moi - Je n'y arrive pas sans toi
Viens et sauve moi - Sauve moi- Sauve moi

Toi et moi- Toi et moi - Toi et moi
Je vois encore nos noms puis je les efface
Nos rêve étaient des mensonges et aucune larme n'était vraie
M'entends tu ? – Ne m'entends tu pas...


Une longue et vertigineuse descente aux enfers m'attendait alors.



# Posted on Monday, 22 December 2008 at 7:32 PM

Edited on Monday, 22 December 2008 at 7:47 PM

Chapitre 3 : Retrouvailles

Chapitre 3 : Retrouvailles


Louise

Samedi 11 septembre


A ma sortie du taxi, un homme m'attendait sur la chaussée. Vêtu d'un costume noir, chemise blanche, cravate noire, chaussures noires et une oreillette il me fit entrer dans le somptueux endroit. Le palace ressemblait farouchement à celui où nous avions séjourné pendant le mois d'août. Toujours aussi luxueux, aussi époustouflant. On me fit patienter longuement dans le salon. L'attente me parut une éternité alors j'allai voir l'homme qui m'avait accueilli quelques minutes auparavant. Il se tenait devant l'entrée du salon, l'air de surveiller les alentours. C'était un homme de la sécurité manifestement. Je décidai d'aller lui parler.
- Excusez-moi. Mais pouvez vous me dire ce que j'attends ici?
Sa tête ne daignât pas se tourner vers moi, son regard roula juste quelques secondes vers moi puis revint à sa position initiale.
- Patientez mademoiselle
- Ca fait au moins une demi-heure que je patiente!
- Mademoiselle, s'il vous plait allez vous rasseoir. On viendra vous chercher.
Vaincue, je retournai à mon fauteuil, toute seule. Je tentai d'appeler Bill sur son portable maintes et maintes fois mais sans aucun succès apparent. Plus le temps passait, plus j'étais impatiente de le voir.
Un bon dix minutes plus tard, le même homme vint me chercher, sans Bill à ses côtés. Je commençais sérieusement à me demander ce qu'il trafiquait. Je suivis l'homme de la sécurité docilement, jusqu'à ce qu'il me fasse entrer dans un van noir, spacieux et somptueux. Je reconnaissais l'odeur de la matière des banquettes, la petite rayure sur le siège avant que j'avais fait avec la lanière de mon sac quelques semaines auparavant. C'était le même van que j'avais emprunté pour aller dans l'hôtel qui me menait à eux pour mes vacances, c'était le même van qui était venu me chercher avec Georg quand je m'étais perdue dans les rues de Saint-Tropez, le même van qui m'avait aussi ramené chez moi lorsque l'heure des adieux avait sonné. Oui, c'était bien leur van. Tout à coup, je me sentis en sécurité. Cette impression de déjà vu, la familiarité des lieux m'apaisa. Je savais que je ne serais plus très loin d'eux, de lui. Et ceci, n'importe où le chauffeur m'emmènerait. Je serai bientôt à ses côtés. La peur laissa place à l'euphorie. Savoir que je serais bientôt dans ses bras me rassura et m'exalta. Malheureusement, un nuage noir assombrissait toujours le ciel bleu de mon bonheur. Je n'arrivais pas à être égoïste et à ne penser qu'à moi pour ce week-end qui serait le mien. Je pensais toujours à Charlotte, seule dans ce grand appartement avec pour seule visite Laure une ou deux heures par jour. Charlotte qui aurait pu être à mon côté à ce moment même, pour aller voir Tom. Oui, ça aurait pu se passer ainsi si ce petit con ne l'avait pas laissée tomber. Car en effet à présent je ressens de la ranc½ur envers lui. Au début je pensais qu'il avait une bonne excuse, qu'il reviendrait très vite dans « les jours qui suivent », qu'il lui dirait qu'il l'aime et que plus jamais ils ne seraient séparés. Mais j'avais tord. J'ai toujours tendance à être trop optimiste et c'est pour cela que je suis très souvent déçue. Charlotte, elle, avait vu le poteau rose dès le départ. Elle avait senti dès la minute où il était parti qu'il ne reviendrait plus jamais. Qu'il la barrerai de sa liste et passerai à la suivante. De toute façon, il passe toujours à la suivante. Il ne peut pas s'en tenir à une seule. Car on a beau dire, les personnes restent les mêmes dans le fond. Tom Kaulitz restera toujours Tom Kaulitz. Malgré tout, j'espère que je le verrais. Ainsi, je pourrais le sermonner à souhait. Lui dire qu'à cause de lui, Charlotte souffre, qu'à cause de lui elle se dégrade de jour en jour, qu'à cause de lui elle n'arrive plus à s'amuser, qu'à cause de lui elle n'arrive plus à rire, qu'à cause de lui elle n'apprécie plus les joies de la vie comme avant, qu'à cause de lui elle est devenue ingrate, voire même presque aigrie. Comme une femme qui a perdu son mari. Oui voilà, elle était devenue veuve. Je lui dirais qu'elle a perdu la moitié de sa vie. Qu'il lui a arraché, en partant et en ne revenant pas, ce sans quoi elle ne pouvait vivre normalement. La vie continuait pour elle, certes, mais elle ne la vivait plus. Elle la regardait passer doucement comme on regarde passer un train ou un bus qu'on a raté. Sauf que pour elle, aucun autre train ne passerait. Ce train là est passé trop vite. Elle a eu beau courir derrière, elle ne l'a jamais eu. Je lui dirais qu'à chaque fois que je viendrais voir Bill, je ne pourrais plus jamais regarder Tom dans les yeux. J'y verrai toujours Charlotte, prostrée toute seule. Blessée. Triste. Seule. Et j'essaierais de lui faire passer à lui cette image que j'ai d'elle quand je le regarde. Et s'il avait un tant soit peu de c½ur, il comprendrait et il regretterait d'avoir été aussi égoïste et horrible avec elle.
Pourquoi je fais tout ça pour elle ? C'est simple. C'est une réaction normale d'amitié. Une amie est toujours là quand il le faut et fait tout pour que tout aille pour le mieux. C'est normal et naturel. La seule chose qui me chagrine un peu c'est que j'ai l'impression qu'elle ne s'en rend pas compte. Elle a toujours l'impression que je me fous d'elle, que je me fous que Tom l'ait laissée tombée et que je la nargue car moi Bill ne m'a pas abandonnée. Alors que c'est tout l'inverse. Je fais tout pour elle. Et même, même dans un jour comme ça où je devrais être heureuse et ne penser qu'à mon bonheur avec Bill je n'arrive pas à écarter ces pensées. Une heure que j'étais partie, presque deux et je m'inquiétai déjà pour elle. C'était la première fois depuis deux semaines que je la laissai seule. Livrée à son propre sort. Livrée à ses idées noires. Livrée à elle-même. Livrée aux bêtises qu'elle pourrait bien faire. Comme se saouler par exemple, voir pire se droguer. Chassant ces idées de ma tête, je l'appelai pour me rassurer. Elle m'enverrai certainement sur les roses mais tant pis. Il me fallait essayer. J'appelai sur le fixe car sur son portable elle verrait mon nom s'afficher et elle ne décrochera certainement pas. Trois tonalités se firent entendre.
- Allô ? demanda une voix inconnue
- Euh...qui est à l'appareil ? demandai-je, soupçonneuse
- Je vous retourne la question ! s'énerva la voix masculine à l'autre bout du combiné
- Louise, la colocataire et amie de Charlotte.
A cet instant, la communication fut coupée
- Allô ? Allô ? Répondez !
Mais plus personne à l'autre bout du fil. Il m'avait raccroché au nez. J'ignorai qui était ce « il ». Je rappelai, mais sur le portable de Charlotte cette fois et en inconnu.
- Allô ?
Toujours la même voix.
- Pouvez-vous me passer Charlotte s'il vous plait ? demandai-je poliment
- Elle n'est là pour personne.
Je me retrouvai de nouvelle seule avec le téléphone collé à mon oreille et à hurler « Allô Allô ? ». Que faisait ce mec désagréable chez nous ? Il ne me semblât pas qu'elle avait déjà une nouvelle relation. Ni qu'elle eut mentionné quoi que ce soit à ce propos, même si en ce moment elle ne me parlait plus trop. Je décidai de ne pas trop paniquer. Après tout, c'était peut-être tout simplement un ami qui était venu lui rendre visite et la réconforter. Ou plus que ça. Peut être qu'elle avait décidé de se venger de Tom et de se faire « un coup d'un soir » elle aussi. Mais je n'étais pas certaine de ça. Je la connais bien et je sais qu'elle n'étais pas prête à faire ce genre de choses. Même aussi triste et peinée qu'elle fut. Une autre hypothèse me sauta à la gorge. Cet homme aurait très bien pu être aussi un dealer. Il aurait été là pour lui refourguer sa première dose, qui ne serait que le début d'un long enfer. Je me demandai alors s'il fallait que je fasse demi-tour et que je retourne chez nous voir ce qu'il se passait. Mais après mure réflexion je décidai qu'il était mieux de ne pas y aller. Après tout je n'étais sure de rien et Charlotte ne me pardonnerait pas de l'avoir dérangée avec son « type » si c'était juste un coup d'un soir, ni d'avoir autant paniqué. Laure, en revanche devait passer dans l'après-midi. Ca, c'était déjà prévu. Je l'appelai donc.
- Allô ?
- Salut, Laure. C'est Louise.
- Ah, salut. Ca va ? Heureuse de revoir ton chéri ?
- Je ne suis pas encore avec lui. Le trajet est long. Bref, je ne t'appelle pas pour ça. Je m'inquiète pour Charlotte.
- Tu t'en fais trop pour elle. T'en fais pas, je t'ais dit que je passerai la voir dans l'après-midi.
- Je sais. Mais je viens de l'appeler sur le fixe et sur son portable et sur les deux un homme bizarre m'a répondu et il ne voulait pas me la passer décrétai-je avec une voix angoissée
- Ah oui je comprends. T'inquiète pas, je te dirais si elle va bien. Je ne pense pas que tu doives te faire tant de souci. C'est certainement un ami de passage qui vient lui rendre visite. Rien d'inquiétant à mon avis.
- J'espère que tu as raison. Soupirai-je. Merci pour elle.
- C'est normal, entre amies faut savoir s'entraider !
- Oui. Allez je te laisse, je ne devrais plus être très loin de l'endroit où je le retrouverais enfin.
- D'accord. Passe un bon week-end. Vide toi la tête de tous ces soucis, je m'occupe de tout. Bisous.
- Merci. Bisous. A plus.
Puis je raccrochai. A présent j'étais un peu plus tranquille. Elle m'avait rassurée et apaisée. Je pouvais donc mettre ces petits (gros) soucis de côté pour le moment. Ils seraient toujours là mais juste rangé dans un petit coin de ma tête pour quelques heures. Seulement quelques heures maximum car l'inquiétude referait surface assez vite.
Avec tous ces petits problèmes, je n'avais pas remarqué que l'on avait quitté le pays. On était en Belgique à présent. Pas loin de Bruxelles. Le chauffeur bifurqua vers la gare. Qu'allai-je devoir faire ? Prendre le train ? Intriguée, et désireuse de savoir où il me menait je rompis le silence.
- Eum monsieur ?
- Oui ?
- Pouvez-vous me dire où nous allons là ?
- A la gare mademoiselle.
- Je vais devoir prendre le train ? m'exclamai-je
- Oui mademoiselle.
- Et pour me rendre où ?
- En Allemagne. A Düsseldorf. Ils sont là-bas.
- Oh.
C'est tout ce que j'avais ajouté jusque la gare. Enfin arrivés, le chauffeur m'ouvrit la portière et je sortis de voiture. Une autre personne prit le relais pour m'emmener. C'est le premier qui se présenta.
- Bonjour mademoiselle. Je m'appelle Klaus Jünger. C'est moi qui vous accompagnerais au studio des garçons.
Il avait un fort accent allemand, et son nom ne trompait pas. Aussi, je remarquai qu'il avait du mal à s'exprimer en français. Je le mettais à l'aise tout de suite.
- Je parle allemand, ne vous en faites pas. Lui dis-je en allemand
Il sourit, parut soulagé.
- Magnifique. Nous allons bien nous entendre dans ce cas.
Et nous partîmes prendre notre train en direction de Düsseldorf. Le trajet dura environ une heure et demi, ou plus. Je ne me souciai pas trop de l'heure qu'il était. Je pensais juste à ma réaction lorsque je le verrais. Je lui sauterais certainement dans les bras, le faisant presque tomber. Klaus et moi parlâmes de beaucoup de choses diverses et nous entendîmes très bien. Il me fit beaucoup rire. Il était jeune. Environ 23-25 ans. Très aimable, manifestement très ouvert d'esprit. Le temps passa vite en sa compagnie. Il m'expliqua qui il était, ce en quoi consistait son travail et me posa beaucoup de questions sur moi, très curieux apparemment. Un point commun.
Nous arrivâmes à Düsseldorf à 15 heures. Ca faisait trois heures que j'étais partie de chez nous. Trois heures de moins pour profiter de sa compagnie. Une voiture simple et sobre vint nous chercher Klaus et moi. J'espérai que cette fois-ci j'arriverai directement à l'endroit où Bill était.
Et c'était le cas. Au bout d'un quart d'heure, la voiture s'arrêta devant une énorme maison, une villa presque, avec un énorme portail de trois mètres, digicode. Et alors, quand la voiture avança dans l'allée et se rapprocha de la porte d'entrée, je le vis, lui. Les cheveux en bataille, un énorme sourire aux lèvres. Ah ! Ses lèvres ! Qu'est-ce qu'elles m'avaient manquées ! J'attendis impatiemment que la voiture s'arrête pour en sortir et bondir vers lui. De même, il courra dans ma direction. Une fois que nos corps furent assez près, nous nous embrassâmes langoureusement. J'avais rêvé de ce moment depuis tellement longtemps. Depuis la seconde même où nous nous étions séparés. Dans ses bras, je ne compris pas comment j'avais fait pour vivre ces deux semaines sans lui. J'étais bien. C'était là, mon refuge. Et ce serait toujours là que je me sentirais le mieux. Avec lui. Au bout de quelques minutes qui me parurent trop courtes, il décolla ses lèvres des miennes et me serra aussi fort qu'il le pouvait.
- Tu m'as tellement manqué. Ton odeur m'a manqué dit-il en inspirant mes cheveux, tous tes traits m'ont manqué dit-il en prenant mon visage dans ses mains, tes lèvres m'ont manqué murmura-t-il tout en les caressant du bout des doigts avant de presser ses lèvres contre les miennes. Et ce sourire. Oh ce sourire ! J'avais oublié à quel point il était magnifique dit-il tout en déposant plusieurs baisers à la commissure de mes lèvres. Je t'aime tant.
- Je sais plastronnai-je en roulant des yeux. Mais ce qu'il y a de terrible, c'est que moi aussi je t'aime. Murmurai-je et l'embrassai à mon tour.

# Posted on Sunday, 28 December 2008 at 11:42 AM

Chapitre 4 : Les souvenirs d'enfance reviennent à la surface lorsque l'on s'y attend le moins

Chapitre 4 : Les souvenirs d’enfance reviennent à la surface lorsque l’on s’y attend le moins
Louise

Dimanche 12 septembre


Le temps passait vite à ses côtés. Beaucoup trop vite. Dans une heure, tout au plus, je devrais repartir en France, seule, le c½ur désolé, dans cet appartement lugubre avec une fille qui ne ressemblait même plus à l'amie que j'avais connue autrefois. Et puis j'attendrais. J'attendrais que le temps passe pour pouvoir le revoir encore une fois. Et la fois d'après. Et ce serait une boucle infernale. Mais pour rien au monde je n'aurais voulu la briser. Certes, il ne serait pas à mon côté tous les jours, ce serait difficile de vivre sans lui mais tout comme ce week-end, lorsqu'on se reverrait ce serait une renaissance.
Je m'affairai à boucler mon sac, empaquetant les derniers vêtements qui traînaient dans la chambre de Bill. Le studio était vraiment très bien équipé : une salle de bain par chambre, une grande cuisine, une salle de relaxation, un énorme salon pourvu d'un grand écran plasma et de divers jeux vidéos, puis le plus important la salle d'enregistrement et une salle de répétitions. A ce qu'ils m'avaient raconté, ils en avaient plusieurs comme ça en Allemagne, un à Paris aussi et à Londres. Rien que ça pour ces Messieurs ! Alors hier j'ai passé la soirée à visiter tout cet énorme studio puis à parler dans le salon avec les garçons. Sauf un, évidemment. Qui m'évitait et m'ignorait royalement bien sure. Il a manifestement peur que je lui fasse la morale. Malgré tout, je ne baissai pas les bras.
- Bill, sais-tu où est Tom ? demandai-je à l'intéressé
Il se retourna, surpris.
- Euh dans sa chambre, je suppose. Sauf qu'il s'est certainement barricadé pour éviter de te voir...ce n'est pas contre toi, je t'assure.
- Je sais. C'est contre Charlotte. Et ce petit jeu commence à bien faire. Tom est ici, à quelques mètres de moi et je ne serai pas une vraie amie si je n'essayais pas d'aider Charlotte. Je lui ai dit que je ferais tout pour lui parler, alors je le ferais.
- Oui, je comprends.
Il s'approcha de moi, me prit les mains et m'embrassa légèrement sur le front, comme une plume qui vient vous chatouiller.
- Je sais que tu trouveras les bons mots.
Puis ses lèvres glissèrent le long de mon nez, ma joue, pour finir par se poser sur mes lèvres. J'aurais pu rester ainsi des heures, sans bouger, me laissant juste faire. Mais Charlotte ne pouvait pas attendre. J'hottai mes mains de son cou et desserrai les siennes de ma taille pour qu'il me lâche.
- Souhaite moi bonne chance. Je vais avoir besoin d'une bonne dose !
- Bonne chance. Murmura-t-il
Puis je sortis. La chambre de Tom était à l'autre bout du couloir, un peu isolée de celle des autres. Je toquai vivement. Aucune réponse. Je renouvelai les coups. Idem.
- Tom ! Ouvre moi, c'est important !
Une minute s'écoula, pendant que j'attendais comme une idiote devant la porte close.
- Espèce de tête de mule tu vas m'ouvrir oui ? Ca t'es peut être indifférent que Charlotte souffre alors ?
Mais je dialoguai avec un sourd apparemment. Ou alors il n'était réellement pas là. Je décidai de le chercher un peu partout. Au bout qu'une bonne vingtaine de minutes je le trouvai enfin dans la salle de répétitions, lui seul avec sa guitare, lumière légèrement tamisée. Il ne m'entendit pas entrer derrière lui. Il jouait un morceau encore inconnu à mon oreille, une jolie mélodie mélancolique, voire triste. Lorsqu'il eu terminé, je brisais le silence.
- Très joli, Tom ! dis-je tout en applaudissant
Il sursauta, surprit de me trouver ici. Il me reluqua de la tête aux pieds, ne disant mot, lèvres pincées et regard vide. Puis ses traits s'animèrent enfin. Ses pupilles devinrent noires de colère, ses yeux lancèrent des éclairs.
- Qu'est-ce que tu fais là ? railla-t-il, mauvais
- Je te cherchais. Il faut qu'on parle absolument répondis-je sur le même ton, agacée
Il lâcha sa guitare, et se leva en direction de la sortie.
- Désolé, on n'a rien à se dire. Je ne vois pas que quoi on peut parler...
- Ah ? Tu ne vois pas ? Attends je vais t'éclairer un peu ! m'indignai-je tout en le suivant. Tu te souviens, une fille que tu prétendais aimer de tout ton c½ur il y a moins d'un mois, que tu avais juré ne jamais quitter. Elle s'appelait comment déjà ?
- Louise, ferme la ! s'emporta-t-il soudain
Je le coupai.
- Oh oui, ça me revient...Charlotte ! Quel joli prénom non ? Un prénom de poupée un peu. D'ailleurs n'est-ce pas ainsi que tu l'appelais ? « Poupée » !
- Ta gueule ! Lâche moi ! hurla-t-il à son tour, furibond
Mais je continuai, indifférente.
- Et justement, tu as joué avec elle comme on joue avec une vulgaire poupée de chiffon. Sauf que tu as trop joué avec, et t'as fini par la casser ! Ce n'est pas un jeu, Tom. On ne peut pas jeter les gens comme de vulgaires mouchoirs de papier usagés. Les sentiments, tu connais ?
Pas de réponse, il continuait à me fuir. Ou bien peut être pas moi. Mais la vérité que je lui crachais à la figure. Il marchait vite, courant presque. Il n'osa pas croiser mon regard.
- Dans ce cas, je vais répondre pour toi. Non, tu ne connais pas ce que signifie le mot « sentiments ». Tout ceci t'est totalement indifférent. Et l'amour. Ohlala je n'ose même pas imaginer ce que tu en penses. En fait, tu ne sais même pas ce que c'est. Tu...
Il se stoppa net, me fit face et me coupa.
- Tu n'en sais rien ! s'emballa-t-il. Tu me fais la morale comme si tu savais tout, comme si tu connaissais tout de la vie tout ça parce que tu as mon frère dans ta vie ! Mais c'est plus compliqué que tout ton minable discours ! Toi ! Toi, tu ne sais pas ce qu'est l'amour ! Ce n'est pas si facile que ça. Pour toi dès qu'on ressens des sentiments envers une personne et que c'est réciproque ça y est c'est l'amour, le grand, le vrai et on devrait vivre avec cette personne toute notre vie. Mais c'est justement plus complexe que çà la vie !
- La preuve que tu n'as rien compris ! Moi qui pensais au début que tu avais coupé contact avec elle parce que tu voulais réfléchir sur tes sentiments envers elle. Mais maintenant je comprends. Tu es resté le même et tu resteras toujours le même, Tom. Pour toi il est inconcevable d'aimer une personne et de s'en tenir à cette même personne. Bien sure je ne te demande pas de t'engager maintenant à vie, on est jeunes mais il faut toujours que tu ailles voir ailleurs, tu me dégoûtes. Tu n'auras jamais de relation, de vraie relation. Les coups d'un soir vont finir par te lasser tu verras. Et quand tu te rendras compte qu'il te manque cette petite chose dans ta vie, il serra trop tard. Mais maintenant j'ai compris et je sais qu'il n'y a plus aucun espoir. Je ferais tout pour qu'elle t'oublie le plus vite possible, qu'elle revive normalement, qu'elle soit même encore plus heureuse sans toi. Je lui ferais comprendre qu'elle n'a rien perdu, mais au contraire tout gagné. Tu ne la mérites pas ! aboyai-je toujours aussi furibonde
- Si tu crois que tu mérites mon frère! Le jour où il t'a rencontré il aurait mieux fait de se casser une jambe ! éclata-t-il de rage
Ca en revanche, ce fut un coup de poignard en plein dans le c½ur. Il m'avait fait un coup bas. Il m'a atteint là où je ne pouvais lui résister. Là où il était le plus fort. Mes yeux, noirs de rage quelques secondes plus tôt, se remplirent alors de larmes et cherchèrent dans ses yeux quelques traces de repentit. Mais rien. Il l'avait dit, et réellement pensé.
Puis il tourna les talons vivement, furieux. Je restai seule là où l'on s'était arrêtés après notre course c'est-à-dire dans le salon. Je me laissai tomber dans un des canapés, assommée par le choc de ces paroles et me laissai aller, pleurant à chaudes larmes.
Des pas vinrent en ma direction mais je ne vis pas de qui il s'agissait. J'avais toujours les mains plaquées contre mon visage. Puis cette personne s'assit à mon côté, passant son bras autour de mes épaules et poussant ma tête contre son torse. A l'odeur, je reconnus Bill. Cette odeur, j'aurais pu la deviner entre milles. Il me serra fort, me couvant presque tout en me berçant pour me calmer. Pour calmer les larmes qui coulaient toujours aussi fort. Il ne posa aucune question, attendant que je me calme pour cela. Je me laissai aller dans ses bras, me laissais bercer doucement et son souffle chaud sur ma nuque m'apaisa. Au bout d'une dizaine de minutes, les larmes cessèrent. Les yeux me piquaient, la fatigue m'apparut. Et je sombrai dans son étreinte, alors que j'aurais du déjà être partie à ce moment ci.

Charlotte

Le week-end n'avait pas été aussi catastrophique que je l'aurais pensé finalement. Je pensais que j'aurais été seule, broyant mes idées noires dans n'importe quel alcool que j'aurais eu sous la main et fumant des herbes aussi diverses qu'inconnues. Mais ça ne s'était pas passé ainsi. J'ai eu de la visite. Une très bonne visite à laquelle je ne m'étais certainement pas attendue. Une excellente surprise qui me redonna le sourire pour deux jours. Je n'aurais jamais cru qu'une seule personne aurait eu un tel pouvoir de me remonter le moral. Cet homme ci. Oui, c'était un homme. Mais pas n'importe quel homme. Ni une connaissance, ni un compagnon, ni une relation de travail d'été, ni un camarade de classe, ni un bon ami. Mieux que ça. Un proche. Mon frère. Mon frère que je n'avais pas vu depuis des années car il étudiait loin. Au Canada plus précisément. Il s'appelait Yoan et avait 25 ans. Mon demi-frère en réalité. Mais pour moi, c'est comme si c'était mon frère à part entière. Nous avons toujours été très proches, depuis tout petits. Mais à la suite d'une énorme dispute avec mon père et sa mère, il était partit. Et ça faisait depuis trois ans que je ne l'avais plus vu. Aucune nouvelle. Pas de numéro de portable où le joindre. Aucune idée de ce qu'il avait fait de sa vie. Ni même s'il été encore vivant. Et à présent il était là, chez moi et on rattrapait tout le temps perdu. Il m'avait donc raconté qu'il avait commencé à chercher un appartement en France et chercher des études mais rien de concluant. Il avait passé quelques vacances au Canada et avait rencontré la future femme de sa vie. Il vivait donc avec elle depuis deux ans et était sur le point de finir ses études de droit pour devenir avocat. Ainsi donc, sa vie était devenue idéale. Il avait atteint tous ses rêves et moi ma vie était un champ de ruines. Sur ce point là, on ne peut pas dire qu'on se ressemblait beaucoup. Il était en France pour justement me revoir. Il avait fait l'effort d'aller voir mon père et sa mère et de se réconcilier avec eux tout ça dans le but de savoir où je vivais à présent. Et il avait trouvé mon appartement. Enfin, celui de Louise et moi. Je lui avais alors tout avoué. Et il était furax contre Tom. Du coup, lorsque Louise avait appelé il avait été désagréable. A l'heure qu'il était, comme je la connais, elle était déjà en train de se faire un sang d'encre, se demandant qui était cet étrange garçon. Elle ne pouvait pas se douter que c'était mon frère, elle ne connaissait pas son existence. Je ne lui en avais jamais parlé.
Mais malheureusement le week-end touchait à sa fin et il devait déjà bientôt prendre son avion. Louise ne tarderait pas à rentrer non plus. Il enfila sa veste et passa la sangle de son sac au dessus de son épaule.
- Bien. Je vais devoir y aller. Bon, tu sais que je n'aime pas les au revoirs alors viens là.
Et il me serra fort dans ses bras. A ce même moment la porte s'ouvrit et se claqua.
- Charlotte ? Je suis rentrée ! fit une voix anxieuse
Yoan desserra son étreinte pour faire face à Louise. Lorsqu'elle le vit, elle passa par divers sentiments. D'abord la surprise, puis la peur et enfin de la méfiance.
- Qui es-tu ? le questionna-t-elle
- Je me présente, je m'appelle Yoan et je suis le frère de Charlotte dit-il en tendant la main.
Elle lui serra la main mais resta bouche bée.
- T'as un frère ? me demanda-t-elle
- Et oui. Je ne t'en avais jamais parlé mais effectivement j'ai un frère. Il habite au Canada.
- Et d'ailleurs si je ne m'en vais pas maintenant, je vais rater mon avion. Au revoir Louise, ça été un plaisir de te rencontrer. Charlotte, viens dans mes bras. Un dernier câlin pour la route. J'essaierai de revenir en France le plus vite possible je te le promets.
Je le raccompagnais vers la porte et il partit. Je me retrouvais de nouveau seule avec Louise. Pour la première fois depuis que Tom était partit, je parlais enfin normalement avec elle. Je me confiais, lui racontais dans quelles circonstances Yoan était partit, quand, pourquoi, que faisait-il à présent etc. Bref, j'étais heureuse de partager ce moment avec elle. Tellement que je ne lui demandai même pas comment c'était passé son week-end. En tant qu'amie j'aurais peut être du. Elle avait une drôle de mine. Certes, elle paraissait heureuse d'avoir revu Bill mais il y avait manifestement quelque chose qui la tracassait et la chagrinait.
Maintenant que je me sentais un peu mieux (pour cette soirée tout au plus car je savais que ça ne durerait pas) , je pouvais me concentrer sur les soucis de Louise.
- Et toi, raconte moi comment s'est passé ton week-end !
- Super super...me répondit-elle pas très convaincante ni convaincue elle-même par ce qu'elle venait de dire
- Arrête de me mentir. Je sens très bien que quelque chose ne va pas. Raconte moi tout ! Et profites en, ce soir je suis en état d'entendre les problèmes des autres, c'est assez rare en ce moment plaisantais-je
- Si, avec Bill tout s'est extrêmement bien passé ! Je suis très heureuse de l'avoir revu et il me manque déjà. Seulement...c'est avec quelqu'un d'autre que ça s'est mal passé...
- Oh. Je vois... Explique !
- Je ne crois pas que...
- C'est bon ! T'inquiète pas j'assumerais tout ce qu'il t'a dit à propos de moi. Il le faut bien de toute manière, rien ne sert de se voiler la face hein ? Allez, raconte.
Et elle me raconta tout. De A à Z. Et cette fois, je pouvais réellement dire que j'étais mal. De une il avait été horrible avec moi en me traitant comme la dernière fille qu'il aurait envie de voir, mais de deux à présent il s'attaquait à mes amies. Je ne pouvais tolérer ça. Jamais. J'ai été suffisamment vulnérable et faible. Je lui ai fait trop plaisir en étant triste pour lui, ou plutôt à cause de lui. A présent j'allais être une battante et il allait tout regretter. Yoan a réussi à me montrer un autre envers du décor. Merci, frérot. Je te promets de me battre jusqu'au bout. Et je triompherais. Il ne sera pas le plus fort.


Bonne et heureuse année 2009 à tous/toutes !

# Posted on Saturday, 03 January 2009 at 1:06 PM

Edited on Saturday, 03 January 2009 at 1:29 PM

Chapitre 5 : Eveil

Chapitre 5 : Eveil


Tom

Alors, la vie ne m'apparaissait plus aussi facile qu'auparavant. Tout ce que j'avais connu autrefois n'avait plus raison d'être. Toutes les sensations que je connaissais, odeurs, touché, froid, chaud, ouïe, sens gustatifs...Plus rien n'était pareil. Tout avait changé. Je n'entendais plus les sons de la même façon, je ne sentais plus les matières frôler ma peau de la même façon, les goût des aliments avait changé dans ma bouche, pour moi il faisait toujours plus froid qu'avant. Pourtant, je ne parvenais pas à prendre La bonne décision pour retrouver toutes ces sensations. Car, au fond de moi, et même si je ne voulais pas l'admettre, Elle remettrait tous mes sens en éveil. Je ne me rendais pas trop compte du temps qui défilait. J'avais l'impression de l'avoir quittée il y a juste quelques heures. Qui suis-je finalement sans elle ? Un monstre ? Oui, c'est bien possible.

Andréas

La vie n'était jamais facile tous les jours, mais j'étais heureux. Le plus heureux des hommes je pense bien. Un super job, un superbe appartement dans une superbe ville d'un super pays qu'est l'Allemagne. Mais surtout, surtout une superbe fiancée. Enfin, future fiancée. Je sais que tôt ou tard je la demanderai en mariage, c'est certain. On est faits l'un pour l'autre. Déjà cinq ans qu'on s'est rencontrés et quatre ans et demi de couple. Sans interruptions. Quatre ans et demi d'amour et de bonheur. Mais ne vous y méprenez pas, ce n'est pas toujours tout rose. Bien évidemment quelques fois, c'est difficile. Comme dans tous les couples. Mais l'amour que l'on se porte triomphe toujours et le désir de partir s'évapore. Le désir de rester à ses côtés demeure et demeurera toujours. Je pense, non en fait je suis certain, que j'ai trouvé la femme de ma vie. Je ne dirais pas mon âme s½ur, je ne crois pas en cela. Je ne pense pas qu'il y ai une femme qui soit strictement pareille que moi. Il y a toujours quelques différences de caractère, et j'aime ça. Je ne pourrais jamais vivre avec une personne identique à moi. Je deviendrais sûrement fou. Laure et moi sommes différents à notre manière mais tout à fait sur la même longueur d'onde. On a les mêmes envies, les mêmes projets, les mêmes buts dans la vie. Avant de s'aimer et d'être ensemble nous avons appris longuement à se connaître. On a été de très bons amis, puis ça a évolué naturellement. Elle est devenue très vite la personne la plus importante dans ma vie. C'est devenu mon amie, ma confidente, mon amante, mon amour, ma vie tout entière. Tout ça à la fois.
A la fin des vacances je lui avais demandé de venir s'installer avec moi, pour que notre relation soit un peu plus importante. Je voulais savoir si notre relation marcherait encore si bien lorsque nous serions tout le temps ensemble. Et en effet, j'étais heureux voir même euphorique de constater que c'était le cas. On était faits pour être ensemble. Cupidon avait très bien fait son boulot.

Charlotte

Je n'étais plus malade de lui. Je m'étais enfin réveillée de mon cauchemar. J'avais combattu la noyade. J'avais enfin émergé et sorti la tête de l'eau. J'étais sortie de mon mutisme. Je gouttais de nouveau à la vie. Ce revirement, je le dois à une grosse prise de conscience. Tom n'était plus digne de moi. Il avait changé énormément. Ce n'était plus le Tom que j'avais connu un mois auparavant. L'ancien Tom était mort, enterré par les sentiments morts avec lui. Je continuerais toujours de regretter l'ancien Tom, de l'aimer du plus profond de moi-même mais j'étais guérie car je savais qu'il ne reviendrait jamais ce Tom là. Je n'espérais plus. Ce nouveau Tom m'était totalement inconnu et indifférent. Ce nouveau Tom était méchant, hypocrite, anti-social et sans sentiments. Tout ce que ce Tom connaissait c'était la luxure. Encore pire que celui qu'il était avant que je ne le rencontre. Il m'avait humiliée, blessée, rabaissée. Il faillait que j'aille de l'avant. Pour moi et mes principes moraux. J'ai du caractère et il regretterait d'avoir été impitoyable. Je le lui ferais savoir, je lui parlerais, lui dirais que pour moi il n'était plus rien. Il ne pourrait pas m'éviter indéfiniment.
Alors, bien évidemment, étant mieux dans ma tête, j'étais agréable. Bon, d'accord pas totalement. Je reste la même personne certes, car sans lui je ne serai jamais complètement moi-même mais je fais au mieux. Je continue de vivre sans une moitié de moi. Je n'arriverais jamais à combler ce vide mais je ferrais tout au moins pour le cacher. Et ce n'est pas Louise qui s'en plaindrait.

[Plus tard...]

Voilà un mois que j'ai eu cette « révélation » et une nouvelle vie commence pour moi. Je ne suis plus dans ma bulle. Je réussi à sourire et rire de nouveau. Avec moins d'entrain qu'avec lui, mais j'y arrive. Et une personne réussi vraiment à me tenir éveillée : Julien. Mon nouveau copain. Il m'apporte un peu de bonheur, même si le vide n'est pas comblé.
Si je l'aime ? Je ne sais pas. Je ne pense pas. Je l'apprécie beaucoup mais je ne pense pas l'aimer profondément. Mais pour le moment, ça me suffit. Il me soutient. Tout comme mon frère continue à le faire aussi, Yoan. Il m'appelle fréquemment et me demande comment je vais, si je m'en sors. C'est avec joie qu'il m'entendit lui dire que j'allais mieux, que je m'en remettais et que j'avais Julien dans ma vie à présent. Il approuvait beaucoup cette prise de conscience. Mine de rien, sans Louise je n'aurais pas compris. C'est elle qui a été voir Tom, et qui a compris qu'il n'y avait plus aucun espoir de retour. Elle me l'a ensuite expliqué et j'ai admis cette réalité à mon tour. Ca m'a fait mal, bien sure, mais ça m'a fait du bien aussi de respirer enfin.
A présent il a sa vie, j'ai la mienne et c'est mieux ainsi. Après tout, je n'ai plus l'air de l'intéresser alors à quoi cela sert-il de souffrir seule dans mon coin en silence ? Il faut aller de l'avant et profiter de la vie. Finalement Tom n'était pas le bon. Je pensais réellement il y a encore deux mois que c'était Lui, l'homme de ma vie. Mais à 19 ans qu'est-ce qu'on en sait ? Après tout, on est qu'au début de notre vie d'adulte. On rencontre des personnes, elles entrent dans notre vie et en ressortent ensuite. C'est un enchaînement d'événements répétitifs. C'est tout. C'est simple. C'est parfait.
J'avais repris mes cours de soins infirmiers. Je m'en sortais pas mal. Je bossais bien, j'étais bonne en classe. Rien d'extraordinaire, mais c'était suffisant. Et tout les soirs Julien venait nous reprendre Louise et moi en voiture. Il travaillait comme barman dans une boite (c'est comme ça que l'on s'est rencontrés) et il avait donc du temps pour lui l'après midi.
Lorsque Louise et moi sortîmes des cours, il était déjà sur le parking. Carreau ouvert, cigarette à la bouche, le vent ne bougeant pas d'un millimètres ses cheveux noirs couleur corbeau coiffés en piques si bien ordonnées. J'ouvris la portière, m'installait à ses côtés et Louise à l'arrière.
- Bonjour ! m'exclamai-je joyeusement
- Bonjour, mon c½ur me répondit-il d'un grand sourire avant me m'embrasser
Ils nous conduit jusqu'à chez nous en silence, et monta dans l'appartement avec nous.
- Tu veux boire quelque chose, Julien ? proposa Louise
- Non, merci.
- Bien...hum...je vais vous laisser seuls. (Dit-elle tout en voyant qu'elle était de trop.) Je vais dans ma chambre bosser un peu. A tout à l'heure !
- Ok, à plus ! répondîmes à l'unisson.
Nous nous retrouvâmes alors seuls dans le salon. Julien franchit la distance convenable qu'il avait maintenue entre nous en présence de Louise et m'enlaça.
- Alors, ta journée s'est bien passée ? me questionna-t-il
- Comme tous les jours : cours fatigants. Et toi ? Qu'est-ce que tu as fait ?
- Hum réfléchit-il, dormi et mangé la plupart du temps. J'essaie de récupérer le sommeil qui me manque.
- Oui, bosser en boite jusque huit heures c'est pas terrible pour le sommeil...
- Ouaip ! soupira-t-il ensuite
Le silence se réinstalla, il m'embrassa passionnément et nous nous dirigeâmes vers ma chambre tout en perdant nos habits en chemin comme des feuilles mortes en automne. Et on y resta jusqu'à ce que la nuit tombe. A moitié réveillée, je l'entendis se lever du lit et se rhabiller. Il était 21 heures et il alla travailler comme tous les soirs. Car c'était ainsi tous les jours. On finissait les cours, il venait nous cherchait, Louise s'isolait, lui et moi le faisions, nous endormions, il se levait, se rhabillait, déposait un bisou sur mon front et partait travailler. Tout ceci était d'une banalité affriolante. Au moins, ça me distrayait et m'empêchait de penser à Lui.
Une fois seule dans la chambre, je me levai à mon tour tout en enfilant mon peignoir. Le salon et la cuisine étaient plongés dans l'obscurité et le silence le plus total. Un mot était déposé sur le bar américain :
« Suis avec Bill ce soir. Il m'a appelé, ils sont en repos aujourd'hui. Je reviens demain en fin de matinée.
Bisous. Louise. »
Veinarde ! Mais elle le mérite. Un amour comme ça, c'est devenu si rare. Ils sont tellement en osmose qu'avec un seul regard ils se comprennent. Ils n'ont même pas besoin de mots. C'est impressionnant quand vous assistez à ça. Moi aussi, j'avais vécu ça avec Tom...mais je me refusais d'y repenser. J'avais réussi à tourner la page, je ne voulais pas revenir sur un passé douloureux. Allons donc, j'allais rester seule pour la soirée. Et bien soit ! Un peu de calme ne me ferais pas de mal. J'examinai l'état de la pièce, elle était globalement bien rangée si on ne regardait pas mes sous vêtements gisant au sol ni la montre que Julien avait oubliée. Ne trouvant pas le courage pour ranger tout de suite, j'allai dans la salle de bain me couler un bon bain chaud avec plein de mousse. Pendant ce temps, je me faisais chauffer un bon repas à feux doux. Le bain terminé, je plongeai dedans. L'eau chaude me relaxa, l'odeur des sels de bain me chatouillant les narines. Je me serais certainement endormie si un bruit ne vint pas retenir mon attention. Le bruit de la sonnette de l'entrée. Sur le moment, je crus rêver alors je ne me levai pas. Mais le bruit redoubla, puis ce fut des coups de poing sur la porte. Agacée, je sortis du bain, enfilai un peignoir propre et attachai mes cheveux rapidement avec une barrette.
Les coups se firent de plus en plus précipités et redoublés, affolés presque.
- J'arrive, j'arrive ! Du calme !
Je déverrouilla la serrure et ouvris la porte. Je ne sais pas quelle tête je fis à ce moment là car j'étais aussi stupéfaite qu'effarée de voir la personne qui se trouvait en face de moi. J'en restais bouche bée pendant quelques minutes, tout en dévisageant la personne.
- Tu me laisses entrer une minute ? Je dois te parler Charlotte...
Mais je restais plantée au même endroit, ne sachant bouger tellement j'était amorphe.



# Posted on Sunday, 11 January 2009 at 11:25 AM